La contraception masculine, ça existe... ou pas ?

Publié le 07/01/2019

 

Qui n’est pas arrivée un jour dans une pharmacie, armée de son plus beau sourire, au beau milieu de l’été, et une ordonnance périmée de deux semaines à la main, option a) ou qui ne peut plus être renouvelée, option b), pour demander, enfin supplier : « Bonjour, pourriez-vous m’avancer ma pilule pour les vacances, s’il vous plaît ? » Parce que, dans ce cas-là, on est ultra-polie. Plusieurs réponses sont possibles :

 

Réponse A : Un non, franc et massif. « Allez voir votre gynécologue. » Mais oui, comme il y a six mois de délai pour un rendez-vous et que nous sommes en fin juillet, bon parcours du combattant pour trouver la perle rare.
Réponse B : « Je ne peux pas vous la donner en cas de problème…mais je peux vous la vendre.» Parce que quand c’est vendu, il n’y a plus de problème ?
Réponse C : « Ok, je vous l’avance mais il faudrait faire attention. »

Tous les cas de figures ont été proposés. La réponse C fut émise par un pharmacien, néanmoins arrangeant, un homme donc, à qui on ne peut s’empêcher de rétorquer :

 

« Et la pilule pour homme, on en est où ? »

 

Parce que cela fait bien 15 ans que je prends la pilule contraceptive, 15 ans que je dois surveiller les dates, jongler pour avoir un rendez-vous, garder précieusement les ordonnances, prendre tous les jours, TOUS LES JOURS la pilule, dimanche et jours fériés compris  : soit 5475 jours moins 1260 (7 jours de règle par mois donc, à la louche 7x12x15) soit 4215 jours de servitude… Et « à la même heure, c’est plus efficace » : maladie ? déplacement ? décalage horaire ? oubli ? Tu te débrouilles !!

Alors, « Faites attention » ? « FAITES ATTENTION » ? Alors qu’un homme entre dans une pharmacie ou une grande surface, achète le jour J ou en prévision des capotes qui se gardent 3 ans (3 ANS minimum) et hop, le tour est joué.

Car, qu’en est-il de la contraception masculine, capotes anglaises mises à part (elles sont françaises de l’autre côté de la Manche, chacun se refilant le bébé, si on peut dire) ? Les capotes existent depuis la nuit des temps ou quasi, certes avec des résultats plus ou moins probants jadis. C’est sûr que quand elles étaient en tissu, forcément… Mais maintenant c’est fiable à 99,9%. Reste juste à savoir l’enfiler et la garder. Bon, on s’égare.

Sans préservatif, que faire quand on est en couple et fidèle (sinon, retour à la capote qui protège des MST) ? Le coïtus interruptus ? Il s’agit de sauter en marche avant l’arrivée du train en gare générant frustration et concentration. Surtout qu’à ces moments-là, on est plutôt focalisé sur le plaisir et à moins de hurler « Je ne veux pas de bébé » au lieu de « oui, continue, je sens que ça vient », il arrive donc que le partenaire s’oublie et si on a mal calculé son cycle, voire pas du tout, 3 chances sur 4 d’une grossesse. La variante, le coitus reservatus existe aussi, si, si, c’est même dans wikipedia, donc, ça existe. Forcément. Cela consiste à retarder l’éjaculation. Là, aussi, c’est la roulette russe, si on ne veut pas procréer… Sauf que c’est plus une roulette avec 5 balles dans le chargeur.

Ou alors, on se prend en main (sans jeux de mots) et on consulte. La suite fait peur parce que chirurgie, parce découpe, parce que bistouri, parce que synonyme de stérilité et bien sûr, dans l’inconscient, stérilité = sous-humain (merci les religions, coutumes et rites de tout poil). La vasectomie existe, pour les deux sexes. En latin, « couper » les « vases » induit un acte chirurgical :  

  • anesthésie locale pour les hommes vs anesthésie totale pour les femmes (bah oui, chez les hommes, si vous avez déjà vu un spécimen, tout pendouille à l’extérieur. Chez les femmes, tout est dedans).
  • 10 min pour les hommes vs plusieurs heures pour les femmes

Et le bouquet final réversible pour les hommes.

Mais les Français n’en sont guère friands, dit-on. Surtout qu’un praticien peut refuser de la pratiquer… No comment. Information insuffisante ? Vieilles idées de virilité fossilisées dans le cerveau reptilien ? Syndrome de Theon Greyjoy ? Bref, on n’avance pas.

 

Pour les frileux du bistouri, (du courage, Messieurs !) il existe la méthode thermique qui consiste à hausser la température des bourses, (les couilles, quoi) non pas pour que les spermatozoïdes grillent, mais pour que l’activité se réduise dans les balloches - Que calor ! Il fait trop chaud pour travailler !- grâce à l’usage un bon slip kangourou chauffant, ou en laine vierge et l’affaire est dans le sac, si on peut dire. C’est un poil plus complexe mais c’est l’idée… Faites chauffer à feu doux et vous obtenez une bonne marinade de gonades, prêtes à l’usage.

Enfin, il existe des médicaments ou des injections hormonales mais autant vous dire qu’on rame pour trouver des informations. Et comme la capote est quand même la meilleure méthode si on change de partenaire(s)… bah, si, pourquoi croyez-vous qu’elles peuvent être remboursée par la sécu – sous ordonnance, bien sûr ?

 

Sources documentaires :